Bulldozer

Je ne sais pas comment une compagnie qui vend des canettes de pois chiches s’y prend pour contacter un maximum de supermarchés, réussir à parler à la personne responsable des achats de can de pois chiches et obtenir un rendez-vous pour la convaincre d’acheter leurs canettes. Mais j’ai comme un feeling que c’est drôlement plus simple que d’appeler dans une boutique haut de gamme en Californie en disant à une vendeuse complètement désabusée : “Hi this is Charlotte Hosten calling from, well, Charlotte Hosten and we are a jewelry brand…”, espérant obtenir le nom et le email ou le téléphone de la personne responsable des achats, une genre de demi-déesse impossible à rejoindre et qui se fait contacter par des dizaines, voire des centaines de filles qui font des bijoux et qui espèrent de tout leur coeur faire entrer leur ligne dans certaines boutiques magnifiques.

J’envoie tellement, mais tellement de emails à des boutiques. J’en appelle beaucoup. 99 % des gens ne répondent jamais à mes courriels et ne retournent jamais mes appels. Pour le 0.5 % restant, on me dit non et l’autre 0,5 %, ça marche. J’aime autant recevoir un non qu’une réponse enthousiaste : parce qu’au moins je sais qu’un humain a vu mon email. Je sais qu’il ne s’est pas immédiatement retrouvé dans la poubelle.

Si on tape “charlotte hosten” dans Google, on peut vraiment s’extasier devant tous ces beaux articles (merci merci à tous ceux qui parlent de mes colliers, de moi, c’est tellement encourageant et ça nous aide vraiment) et avoir l’impression que tout va pour le mieux. Et c’est pas complètement faux. Mais si vous saviez à quel point c’est encore difficile de percer d’autres marchés, de parler aux gens, de faire grimper les ventes. Tout ça, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Parfois ça me déprime tous ces messages que j’envoie partout “oyé oyé regardez mes colliers !” sans que personne ne me renvoie la balle mais il faut continuer. Faut persévérer. Faut pas s’arrêter.

J’ai une amie qui essaie elle aussi de faire démarrer son projet à elle et qui se fait parfois répondre des non ou des demi non et une phrase m’est venue en tête, espérant lui donner de la force (bon, c’est en anglais) : “Try to turn all the no’s you get into more energy to succeed” – Et puis on a qu’à penser à Oprah aussi, elle était grosse, elle était noire, on va pas être hypocrites, entre vous et moi, fallait le faire de réussir à se hisser au rang de femme américaine la plus riche ou je ne sais pas trop quoi.

Personne au monde n’a le droit de vous enlever la conviction que vous allez y arriver – et si on vous dit non aujourd’hui, ça ne veut pas dire qu’on ne vous dira pas oui demain. Rappelez-vous quand vous étiez petit et que vous vous apprêtiez à faire LE truc que vos parents vous interdisaient : mille fois ils vous avaient dit “non tu ne fais pas ça” – n’était-ce pas enivrant de le faire quand même ? Ah ouais, tu m’as dit non hein, check moi bein aller toi ! Ravivez donc cette ivresse pour persévérer.

J’aime faire apparaître dans ma tête l’image d’un puissant bulldozer que rien n’arrête. Il continue, confiant, il s’en fout des cailloux sur son chemin, il ne les voit même pas, il n’a qu’un objectif en tête : avancer. Il a sa destination en tête mais ne sait pas à quelle distance de lui elle se trouve – alors il continue d’avancer en s’assurant seulement de garder le cap.

Finalement, j’ai envie de vous retranscrire une phrase qu’un entrepreneure avec qui j’ai longuement parlé hier m’a dite : “Not because the market is saturated means that it’s not missing something”

Tassez-vous de d’là, on arrive !

 

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