“Moins on possède, moins on désire” – Gandhi

Cette citation se trouve à la fin de l’article de Josée Blanchette dans le devoir de vendredi dernier. Elle parle de consommation, de surconsommation et de moyens alternatifs de contourner la consommation sans pour autant se priver d’une tente pour aller camper quand on en a besoin (échanges entre voisins et autres). Mais mon propos n’est pas de vous résumer ce qu’elle raconte.

Parlons de consommation. Nous, les filles, on aime avoir plusieurs affaires de plein d’affaires. 3 manteaux. 4 paires de bottes. 4 kits de foulards, tuques et mitaines. 10 colliers. 15 jupes. Dix mille robes. Et pour en avoir en quantité, on sacrifie souvent la qualité et on achète des biens “périssables”, c’est-à-dire des chandails à 19.99 $ qui deviendront une guenille idéale après trois lavages. Mais au moins, on en aura eu plus.

Il y a un an, j’ai eu l’occasion de visiter les QG d’une immense multinationale de chaussures : le DG qui s’imprivisait guide m’a dit, le plus naturellement du monde, en me pointant une ballerine méga cheap : “Ça c’est notre chaussure jetable : les filles les portent le temps d’un été puis les jètent et en rachètent”. Euh ? Est-ce que je suis la seule à m’offusquer ? Comment ça se fait qu’on trouve encore ça normal ?

Pour que le client final paie 19.99 $ pour une paire de chaussures, il faut vraiment que la main-d’oeuvre ait été cheap si on sait que la boutique fait au moins 50 % de profit sur cette vente.

Le “made in China” qui nous offre tout à des prix absurdes nous brain wash : on perd le contact avec la valeur des choses. Ces produits venus de Chine créent une fourchette de prix parallèle à celle qui peut exister ici. Elle nous déconnecte de la valeur du travail humain : on n’est plus du tout conscient de ce que ça vaut – on s’en fout, on veut le plus de choses, au meilleur prix possible. Et comme consommateur, on a tous les pouvoirs. Les entreprises dépendent uniquement des consommateurs : c’est eux qui décident de ce qu’ils sont prêts à payer. C’est certain que pour la majorité des gens, investir 170 $ plus taxes dans un collier, c’est se faire un cadeau qui nous privera de beaucoup d’autres choses. On aurait pu avoir pour ce même montant, 3 jupes et 4 chandails chez H&M.

Mais le collier à 170 $, si c’est un des miens, il aura fait travailler 8 Canadien(ne)s, sans compter les fournisseurs locaux : la fille qui enfile les rangées de perles, la fille qui fait les fleurs, la fille qui coud la base du collier, la fille qui assemble les morceaux ensemble, le gars qui livre le collier à la boutique, la vendeuse dans la boutique, la propriétaire de la boutique et moi.

Oui mes colliers sont chers. Mais personne n’arnaque personne. Connaissez-vous le fonctionnement de la vente au gros ? Si un collier me coûte 20 $ à fabriquer, je dois le vendre 40 $ à la boutique qui, elle, va le revendre 100 $ environ. Je me suis donc fait, comme profit, 20 $, soit un cinquième du prix payé par le client. Avec ce profit, je paie mon salaire, je paie le loyer, je paie l’encre dans l’imprimante, le téléphone, Internet, le café, le papier toilette, bref, tout ! Imaginez la quantité de colliers qu’il faut vendre pour “arriver”.

Quelqu’un m’a déjà rapporté le commentaire qu’une fille qui s’était fait un collier franchement copié d’un des miens lui avait fait : “Moi, payer ce prix-là pour un collier, je trouve ça vraiment exagéré !” – je ne pourrais pas vendre mes colliers moins chers. Et c’est là que je vous dit que nous ne savons plus ce que vaut le travail local. On pense qu’un prix est exagéré quand en fait il est totalement raisonnable, considérant qu’il est Made in Canada. On se fait arnaquer quand on achète un chandail 200 $ et qu’il est écrit Made in China. On paie un prix honnête quand on a la même chose Made in Canada.

Pour ma part, j’en ai marre qu’on me filme des dépotoirs avec des discours alarmistes en voix off, je suis tannée qu’on me culpabilise d’acheter des courgettes emballées dans du plastique. Je ne suis pas là pour faire un discours. Je suis simplement là pour vous rappeler que dans chacun de vos achats, il y a un geste politique. Et que lorsque vous achetez un de mes colliers, en plus d’être heureuse de l’avoir acquis, vous pouvez vous dire que vous avez contribué à faire travailler beaucoup de Canadiens. Vous avez injecté de l’argent dans l’économie de votre pays. Vous contribuez au développement d’une entreprise qui pourrait un jour faire vivre 10, 15, 20 familles québécoises.

“Moins on possède, moins on désire” : achetez moins, achetez mieux.

2 thoughts on ““Moins on possède, moins on désire” – Gandhi

  1. underneaththesky says:

    bonjour,
    j’adore ton article! je suis moi meme etudiante en mode et je confirme tout ce que tu dis au debut! hier j’en parlais avec une ami qu’il valait mieux acheter cher mais de qualité que d’acheter bcp et cheap!! le veritable probleme est qu’on arrive plus à s’entendre nous meme mais on laisse parler nos envies diaboliques! loool maintenant du moins je vais faire l’effort d’acheter mieux parce que dans le cher aussi il y a bcp de nul!

  2. Vanessa Moore says:

    Je suis tellement d accord avec toi! Je me bats souvent avec mes prix… je suis déchirée entre rendre mes vêtêments et bijoux très accessibles et abordables ou payer mon loyer!! Je dois me rendre à l évidence que je ne suis pas dans la même catégorie que H&M et qu il m est impossible de compétionner avec eux..et complètement inutile d essayer!

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