Mettre un point final.

Ça fait un mois que je m’étais dit que j’aurais fini ma collection printemps-été 2011. En fait ça fait 6 semaines. Étant donné que je n’ai pas de véritable deadline contrôlé par quelqu’un d’autre que… moi-même, c’est assez difficile de le respecter. Aussi, ça ne me met pas vraiment dans l’embarras de ne pas avoir terminé. Enfin, pour le moment. En janvier là, quand on va sauter dans l’autre année (j’ai toujours cette image de retour à la case départ comme dans un jeu de société mais tout en sautant dans une nouvelle plate-forme de jeu), là ça va commencer à sérieusement urger.

Toute mon enfance et toute ma vie d’écolière, j’ai agi par peur des conséquences : si je ne faisais pas mes devoirs, j’allais être punie, si je tapais mon frère, j’allais être punie, si je n’étudiais pas, j’allais avoir une mauvaise note, etc. Alors qu’aujourd’hui, personne ne va réellement me punir si je finis ma collection en retard. Sauf que je devrai quand même subir des conséquences : plus je traîne, plus je risque de manquer certains acheteurs qui vont finir par boucler leurs achats de printemps-été.

Mais on dirait que finir la collection c’est dire TADAM voilà le résultat, voici ce que j’ai à montrer cette saison. Et donc voilà, vous avez enfin le droit de juger. Je pense aux écrivains qui finissent par écrire le mot “fin” : c’est sûûûr qu’ils le font avec les mains moites. Ou les réalisateurs qui vont à leur première. Quelle horreur. “Bonjour, 1000 personnes, je vous montre mon film pour la première fois et vous allez peut-être le détester”.

Mais en plus de la peur de dire “voilà, c’est ma collection”, il y a le fait que je n’ai pas envie de m’arrêter car j’ai pleeeiiin d’autres choses que je voudrais vous montrer. Il faut limiter la quantité de modèles pour des raisons d’organisation de production et de cash. Plus on a de modèles différents, plus on a de matériaux différents et plus la production varie. Plus la production varie, plus ça demande du temps et de l’argent pour avoir des stocks.

Au début, en fait les six premiers mois de l’entreprise, je n’avais pas de véritable collection : je faisais plein de colliers et on s’affairait à les vendre à nos points de vente : “voulez-vous celui-là ? celui-là ?” un peu comme des marchands de montres volées qui les accrochent dans leur manteau et montrent (montres, montrent, ha.ha.ha) leur sélection aux intéressés – les stocks changent tout le temps et on ne peut jamais vraiment savoir ce que le client va prendre. Bref, imaginez la gestion, Gaby* devenait dingue. Après ça, en juillet, j’ai fait une première collection complète pour cette saison-ci, c’est-à-dire l’automne-hiver 2010-2011. Ça n’a pas été facile car je n’aimais pas créer avec l’enjeu de devoir reproduire ce que je créais. Ça m’a pris beaucoup de temps avant d’accepter cette limite, cette contrainte. Maintenant je me suis habituée et je me rassure en me disant que je peux encore créer des modèles uniques. Même si souvent, c’est le temps qui manque pour en faire.

Je suis donc sur le point de sortir ma deuxième collection. Une collection qui aura aussi des bracelets. J’ai essayé de faire des colliers qui coûteront un peu moins cher : je souhaite que plus de filles puissent s’acheter mes colliers. On est également en train de refaire le site Internet (à venir en janvier) – il y aura une vraie boutique en ligne et des exclusivités uniquement disponibles sur le web.

En janvier, je vais aller à New York car j’ai déjà deux rendez-vous avec des acheteurs potentiels. Un du Japon et l’autre des USA. J’adore planifier un voyage à NYC, je me sens comme une femme d’affaires.

Parenthèse cash : Quand je lisais sur le parcours des autres designers, j’essayais de comprendre comment ils avaient réussi à financer leur truc. On est jamais totalement à l’aise de livrer les détails du financement d’un projet (surtout quand on est un politicien, visiblement…) mais je dirais que si vous commencez une compagnie de bijoux de fantaisie (parce que pour les vêtements je n’en sais strictement rien), essayez d’avoir 4000 $ au moins. N’y allez pas tout de suite avec une collection complète. Produisez à la demande. Utilisez ce que vous avez le plus possible. Gardez-vous une job à temps partiel au début. Faites-vous un plan d’affaires (mon cauchemar au début mais finalement, ça vaut vraiment la peine) et essayez d’avoir des bourses. Mais avant tout ça, assurez-vous d’avoir passer des heures, des nuits, des fins de semaine entières dans votre atelier, aussi rikiki soit-il, à développer votre talent, votre unicité et votre style à vous.

J’en ai plein à raconter ce matin mais je dois vraiment travailler alors je vous dis à bientôt. Merci à tous les lecteurs qui m’encouragent. Je ne connais pas tous vos rêves à vous mais sachez qu’il est possible de les réaliser. À grands coups de persévérance avec une bonne dose de conviction.

 

* Pour ceux qui ne le savent pas, Gaby c’est mon amie d’enfance turbo femmes d’affaires qui m’a enseigné tout ce qu’elle savait pendant 9 mois en travaillant non stop avec moi au développement de l’entreprise. Elle est maintenant coach professionnelle et continue de m’aider comme consultante. Vous pouvez me demander ses coordonnées si vous voulez.

2 thoughts on “Mettre un point final.

  1. Mariève Forget says:

    Si vous saviez comment je bois vos paroles (ou plutôt vos écrits…) ces derniers temps. Je voulais juste vous dire merci de partager votre expérience, c’est plutôt rare de nos jours. Merci de nourrir le rêve qui peut devenir réalité. Vous êtes d’une grande inspiration pour moi : votre talent, vos créations sont magnifiques!

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s