c’est dans la boîte.

Je pense que les photographes disaient ça, tsé dans le temps où le numérique n’existait pas et où on ne pouvait jamais être certain que les photos qu’on venait de prendre étaient à la hauteur de nos attentes. “C’est dans la boîte” genre “Maintenant tout le monde patiente et attend en se rongeant les ongles que je développe les photos”. Nous on a travaillé avec le photographe Robert Desroches (de foumalade.org – je fais pas de la pub gratuite mais disons que Robert, je le connais depuis 11 ans au moins – donc ça date de l’époque où je buvais mes premières Tornade – et je dois dire qu’en plus d’être doué, il a l’attitude la plus agréable du monde pour travailler) qui vit totalement à l’aire du numérique.

On pouvait voir en direct les photos qui sortaient. On a passé presque 10 heures à photographier les colliers et les bracelets (oui, oui des bracelets dès mars 2011 !) mais aussi des dizaines de fleurs. Place, replace, coupe un petit fil qui dépasse, calibre une couleur, enlève un peu de jaune, refais une photo, déplace un collier, range un collier, etc. Je dois dire que sans l’aide d’Ariane (connaissez-vous Ariane ? C’est la Chef d’Atelier si vous voulez – des petites mains de fée qui fabriquent les colliers) et de Laurence, notre stagiaire, on aurait eu du mal à y arriver.

On a fait toute une série de photos sur “table top” , c’est à dire une genre de plaque de ché-pas-quoi translucide avec un flash en dessous et plein de flash au-dessus : ça fait des photos dont la star est le produit et tout le contour est 100 % blanc. J’en ai plein sur mon site. Après on a fait des photos sur “buste”, c’est à dire la vieille Rita de l’île Bizard, une mannequin pas-de-tête, pas-de-bras et pas-de-jambes pleine d’expérience et de charme malgré son âge. Ses soeurs se vendent pas loin de 400 $ et je l’ai dénichée pour 75 $ sur kijiji. Maudite chanceuse.

Bref j’ai travaillé tout mon dimanche pour planifier ce photoshoot et peaufiner les derniers petits détails (lire : finir le dernier collier). La première leçon que j’ai à retenir c’est que des photos, ça prend tout le temps plus de temps qu’on le pense. C’est pas vrai que placer un bracelet sur un tabletop, ça prend 30 secondes. Nan. Nan. Après tu regardes la photo sortir, tu te demandes si la rangée de perles mauves apparaît suffisamment et si la rangée de perles argentées ne vole pas trop la vedette aux autres – tu te rappelles que c’est avec ces photos-là que tu vas vendre ta collection à distance et que t’es mieux d’avoir bien placé tes trucs pour les montrer sous leur meilleur jour. Un peu comme la photo que tu mettrais dans ton CV ou, pour être plus moderne, sur LinkedIn : est-ce que tu mettrais une photo de toi un peu prise n’importe comment, sur laquelle ton oeil droit a un petit peu l’air de partir de son bord ? Non. Et bien les photos de mes colliers, c’est plein de mini comptes LinkedIn qu’il faut avoir envie d’engager au premier coup d’oeil.

Ceci dit, la deuxième leçon c’est de bien s’entourer. Moi j’ai failli acheter une table lumineuse à 100 $ sur kijiji et prendre mon appareil numérique un peu amateur pour faire mes photos. Avec quelques néons en plus. Pour économiser. Ouais. Mais bon. Après j’aurais pas eu les bonnes couleurs et j’aurais eu des photos semi nulles pour convaincre des gens du Tennessee de m’acheter mes trucs. Donc la deuxième leçon c’est de ne pas sous-estimer l’importance d’avoir de très bonnes photos au nom d’une économie d’argent.

La dernière leçon de la journée c’est de travailler avec des gens en qui on a confiance. Quel repos de savoir que la personne qui prenait les photos était aussi perfectionniste là-dedans que je le suis avec mes colliers.

En fait il reste encore une bonne leçon. Hier soir avant de m’endormir, je repensais à chacun des colliers que j’avais créés pour la collection. Bon, j’ai un éternel sentiment d’insatisfaction et de “c’est pas terminé” mais j’imagine que c’est normal et que c’est une bonne nouvelle, ça veut dire que le courant de l’inspiration passe sans cesse et que je n’ai jamais envie d’arrêter de créer. Mais le propos n’est pas là. Je repensais à chacun des petits modèles que j’avais faits et j’ai décidé de me donner une bonne tape sur l’épaule. Dans ma tête, sans bouger, dans le noir, avant de m’endormir, je me suis donné une bonne tape sur l’épaule pour me féliciter pour tout le travail que j’avais fait. Je ne fais jamais ça. Je suis tout le temps en train de faire des listes de tout ce que j’ai à faire et de m’arranger de mon mieux pour que le bateau avance. C’est ça la dernière leçon : il faut pas oublier de se donner de bonnes tapes sur l’épaule. Pas se vanter devant les autres. Pas faire le coq devant tout le monde. Non. Dans le noir, avant de s’endormir, se dire Bravo pour tous les petits combats qu’on a fait avancer dans sa journée.

Je vous laisse avec un petit montage photos de la journée :

 

 

 

 

 

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