Chaos.

“La mode ne peut retrouver ses racines artistiques que si elle n’accepte le risque de la multiplicité, voire d’une certaine dose de chaos. Très peu d’acteurs empruntent ce chemin dans le paysage de la mode d’aujourd’hui.”

lu dans  : LES VITRINES -LANVIN ET SON ÉLOGE DE L’INSTABILITÉ - par Lucas Marchetti, consultant en identité et stratégies de marque

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Quelques pensées en vrac. Des idées pas très ordonnées. En gros je déteste Karl Largerfeld mais j’adore ce qu’il crée. J’aime pas que les stars de la mode soient des gens méprisants et/ou malsains et j’ai peur de la folie qui semble guetter tous les créateurs :

 

Encore une belle phrase de Lagerfeld : “Moi mon fond de commerce a toujours été le boulot et travailler plus que les autres pour leur montrer leur inutilité.” Lu ici.

Dans un documentaire sur Valentino, je l’avais entendu chuchoter à l’oreille de ce dernier quelque chose du genre “Il n’y a que nous qui faisons de grandes choses. Tout le reste c’est de la merde.” (Je suis sûre qu’il a dit la même chose à Christian Lacroix et beaucoup d’autres dans des circonstances différentes)

Lagerfeld, aigri, blanc, maigre, se cache derrière ses lunettes noires et ses cheveux style perruque de laquais au service de Marie-Antoinette, tout en étalant sa culture à qui veut l’entendre, ses mains cuirées comme celles d’un motard pathétique.

N’oublie pas que tu fais des robes, Karl. Tu n’as pas inventé la roue.

La mode a tendance à pardonner les gens qui ont une ATTITUDE méprisante, hautaine, peu importe. On dirait que plus on est malsain ou carrément destructeur dans ce milieu, plus on est idéalisé, adulé. Kate Moss en est un autre excellent exemple. Anorexique et droguée notoire, elle est encore, à ce jour, une des mannequins les mieux payées au monde. Tout le monde l’adore et achète ses t-shirts moches qu’elle n’a sans doute même pas dessinés elle-même, trop shootée qu’elle devait l’être.

Ce soir, j’ai regardé un extrait d’une entrevue de Sonia Rykiel suite à la série documentaire “Le jour d’avant” que je meurs d’envie de voir : la pauvre avait l’air tellement épuisée, nerveuse, mal. Elle tremblote nerveusement durant toute l’entrevue. Je la regardais avec tellement de compassion, à me demander si elle était shootée aux médicaments ou simplement crevée.

J’ai souvent le sentiment qu’être un artiste, un créateur, c’est nécessairement être malheureux : ne doit-on pas plonger dans un univers parallèle pour créer ? ne doit-on pas laisser l’imagination prendre le dessus sur tout le reste, envahir l’esprit d’un flot incessant de magie incontrôlable ? – normal que le retour à la réalité soit chaque fois un choc. Imaginez un peu l’astronaute qui fait des aller-retours constants entre la lune et la Terre. Il finit totalement décallé.

J’ai sans doute une image “van goghesque” des artistes qui finissent tous avec une balle dans la tête. Probablement parce que comme créatrice, je reconnais les zones de folie de mon âme et je les redoute. Mais je sais aussi que c’est en les frôlant que je crée le mieux.

En tout cas. “Keep calm and carry on” comme dirait le poster qui apparaît dans toutes les photos de déco de tous les blogs que je regarde ces derniers temps.

 

 

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